Les collections d’Adolphe Thiers exposées au Louvre et à l’Institut de France
Hôtel Dosne-Thiers
La postérité a essentiellement retenu d’Adolphe Thiers l’homme politique, et plus particulièrement, le fondateur de la IIIème République sur le sang des Communards. Pourtant, Adolphe Thiers est un personnage fort complexe qui donne l’impression d’avoir vécu plusieurs vies tant il s’est intéressé à des domaines d’activités différents.
Ainsi, amateur d’art dès sa jeunesse aixoise, Adolphe Thiers, une fois sa fortune faite, notamment grâce à son mariage avec Elise Dosne en 1833, réunit une ample collection d’œuvres et objets d’art. Si elle se distingue en premier lieu par ses bronzes de la Renaissance et ses objets asiatiques, légués au musée du Louvre à la mort de Madame Thiers en 1880, elle comprend également un remarquable cabinet d’estampes.
Cet été, deux expositions parisiennes, l’une pour laquelle la Fondation Dosne-Bibliothèque Thiers est le prêteur exclusif, la seconde dont elle est à l’origine, mettent en lumière la figure d’Adolphe Thiers comme collectionneur :
Dürer, Callot, Rembrandt… Le gout de l’estampe chez Monsieur Thiers aux Bibliothèques Mazarine et de l’Institut de France Jusqu’au 29 août 2025 Du lundi au samedi, de 10h à 18h
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Une passion chinoise. La collection de Monsieur Thiers au musée du Louvre Jusqu’au 25 août 2025 Rotonde Napoléon
**DÜRER, CALLOT, REMBRANDT… LE GOUT DE L’ESTAMPE CHEZ MONSIEUR THIERS AUX BIBLIOTHÈQUES MAZARINE ET DE L’INSTITUT DE FRANCE **Commissariat : Alexandre Leducq (Bibliothèque Thiers), avec la collaboration de Aude Briau (INHA) & Jean-Baptiste Clais (Musée du Louvre).
Fréquentant les salles de vente, familier des marchands d’estampes, en contact avec nombre de collectionneurs de son époque, Thiers acquit régulièrement des œuvres des plus grands graveurs du 15e au 18e siècle. La majorité de celles-ci furent dispersées de son vivant, en vente publique, au début de l’année 1861. Mais, fidèle cependant à l’exigence qui avait guidé sa politique d’acquisition – n’avoir « sous les yeux que les œuvres des grands maîtres » (Charles Blanc) – Adolphe Thiers a reconstitué dans les dix dernières années de sa vie un cabinet de gravures exceptionnellement choisies dominé par les œuvres de Schongauer, Dürer, Callot et Rembrandt. Cette collection, ainsi resserrée autour des plus grands noms, a été léguée à l’Institut de France en même temps que l’Hôtel Dosne-Thiers et sa bibliothèque. Elle est pour la première fois révélée au grand public.

**UNE PASSION CHINOISE. LA COLLECTION DE MONSIEUR THIERS AU MUSÉE DU LOUVRE **Commissariat : Jean-Baptiste Clais, conservateur en chef, Département des Objets d’Art, collection Asie et porcelaine, au musée du Louvre
Le transfert des collections asiatiques du Louvre au Musée Guimet en 1945 a pu faire oublier que l’art chinois demeure présent au Musée du Louvre avec quelque 600 pièces issues principalement de deux donations, celle d’Adèle de Rothschild et celle d’Adolphe Thiers. L’exposition « Une passion chinoise. La collection de Monsieur Thiers » entend mettre en lumière les pièces exceptionnelles de la collection du premier Président de la Troisième République, soit plus de 170 œuvres de nature très différente comportant rouleaux, pages d’albums, gravures, estampes, porcelaines, jades, laques, ivoires, bronzes ou en bois incrustés de pierres et de nacres…
La Fondation Dosne-Thiers, prêteur exclusif pour « Une passion chinoise. La collection de Monsieur Thiers », a mis à la disposition du commissaire de l’exposition, Jean-Baptiste Clais, l’ensemble des œuvres, objets et documents qui lui ont été légués, en même temps que l’hôtel particulier familial, en 1905 par Félicie Dosne, dernière héritière d’Adolphe Thiers.
Le mobilier, la veste d’académicien et les deux succès de librairie publiés par Thiers, l’Histoire de la Révolution française, et l’Histoire du Consulat et de l’Empire, prêtés par la fondation ont permis de reconstituer une « Salle d’ambiance », restituant, en début de parcours, l’intimité d’Adolphe Thiers.

165 livres et manuscrits issus de la bibliothèque Thiers, ayant tous pour sujet la Chine, témoignent de la constitution par Adolphe Thiers d’une bibliothèque sinologique idéale recouvrant l’ensemble des thématiques, histoire, géographie, littérature, artisanat… et recelant des exemplaires rarissimes à l’image des Essais sur l’architecture des Chinois sur leurs jardins, leurs principes de médecine, et leurs mœurs et usages, de Louis François Delatour, enrichi des dessins originaux ou l’album manuscrit Douze vases chinois dessinés et coloriés dans le palais impérial de Pékin, réalisé par Chrétien de Guignes (1759-1845).

Enfin, certains chefs d’œuvre de la collection chinoise d’Adolphe Thiers, méjugés lors de la donation de 1880 et refusés par le Louvre, sont aujourd’hui la propriété de la Fondation Dosne-Thiers. Ils sont venus naturellement enrichir l’exposition comme les deux aquarelles représentant l’Incommensurable miséricorde pour une bénédiction éternelle et le Site merveilleux du vase carré, provenant de la collection de Charles Marchal de Lunéville. Très proches des illustrations de l’album de peintures représentant quarante vues des bâtiments du palais impérial du Yuanning Yuan commandé par l’empereur Quianlong en 1738, elles n’en sont pourtant pas directement des copies.
